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Saison écalienne / I

Von September 2010 bis Juli 2011
ist die ECAL/Hochschule für Gestaltung und Kunst Lausanne
im zwanzigquadratmeter zu Gast

Jonathan Naas (FR)

The Galactic Yodel Order

25. November - 10. Dezember 2010



ST/013: Le bon, le brute et le truand, 2010, Laserdruck auf Papier
AT/018: You fail me, with every fatal Crush, 2010, Acrylfarbe
AT/015: Celui qui ne vous a pas connues est un insensé, 2010, Acrylfarbe auf Holz



AT/017: Heroin, vaselin, gasolin, kerosin, terpentin, nitroglyzerin, benzin, 2010, Acrylfarbe auf Holz
ST/013: Le bon, le brute et le truand, 2010, Laserdruck auf Papier
AT/016: The Black Mass (Arthur Shawcross, Gert van Rooyen and Joey Haarhof), 2010, Gummireifen, Acrylfarbe auf Stahlkette



AT/016: The Black Mass (Arthur Shawcross, Gert van Rooyen and Joey Haarhof), 2010, Gummireifen, Acrylfarbe auf Stahlkette






(c) ECAL/Jonathan Naas, 2010
Alle Fotos (c) Michel Bonvin, 2010

Toute forme de création se nourrit de la récupération d'images et d'idées préexistantes, et rien ne naît sans qu'y soient mêlées les influences et le vécu de l'artiste. Même l'oeuvre la plus novatrice aura ainsi des racines bien ancrées dans la culture de son créateur, même si celles-ci seront plus ou moins visibles, plus ou moins avouées et assumées. A partir de ce constat, on se rend compte que l'on aurait tort de sous-estimer l'importance de la récupération dans la création artistique. Jonathan Naas fait de cette récupération l'une de ses lignes de conduite dans son protocole de création. Par récupération, l'on entend celle des matériaux, puisqu'il utilise des objets en majorités trouvés, sans aucune valeur de départ. Mais, outre les matériaux, la récupération dans son travail se manifeste d'abord par la ré-appropriation des formes de ce qui fait son identité visuelle et sa culture propre. Nourrissant son travail de ses lectures centrées principalement sur le mysticisme, ses écoutes effrénées de musique rock et de la culture des films de série B qu'il affectionne, mais aussi de tout ce qui l'entoure, Jonathan choisit d'assumer ses références en en réutilisant les codes formels et structurels. Pourtant, ces codes ne seront pas explicités au spectateur, pas plus que l'emploi de telle technique ou tel matériau ne sera justifié. The Galactic Yodel Order n'a aucune signification propre. Cela ne revendique rien, sinon le droit de choisir pour titre une suite de mots qui ne feront référence que dans l'esprit de leur auteur. Nulle autre explication ne vous sera fournie , peut-être parce qu'il n'y en a aucune. Vous avez ainsi le choix de nouer la relation que vous voudrez avec cet intitulé. Il en sera de même pour les pièces présentées. Bien sûr, les pneus enchaînés peuvent renvoyer à une multitude de symboles complexes : en plus d'être des objets de récupération, ils font fatalement penser à l'idée de la route et du voyage, et sont des produits manufacturés, donc, issus de la consommation. Pourtant, pour celui qui a choisi de les exposer, ce ne sont peut-être pas ces symboles qui semblent importants. De même que l'étoile noire, peinte sur le mur, renvoie à une esthétique qui rappelle celle des logos soviétiques, mais sans être pour autant la manifestation d'un quelconque engagement de la part de l'artiste... Il ne s'agit que de réutilisation de formes, et la volonté de l'artiste est de laisser chacun faire interagir son propre univers avec ce qu'il voit, et d'en tirer les explications qui lui siéront, si toutefois il en éprouve le besoin, plutôt que d'accepter que l'esthétique pour l'esthétique soit suffisante à la création. Car, que des cales en bois poncées et agencées côtoient une planche de chantier peinte, des pneus enchaîné au mur et des images à plus fort potentiel illustratif ne signifie rien en soi. La relation entre les oeuvres présentes n'est pas forcément évidente, et pour cause: il n'y a aucune raison qu'elle le soit. Sous l'apparente rigidité de ce travail se cache en effet une légèreté avouée et un fort potentiel absurde. A la question "pourquoi?" la réponse la plus juste ici semblerait être: "no reason".


Juliette Zeller
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